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 Sheendara...premières lignes ( extraits)

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Lara18
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Lara18

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Localisation : CENTRE DE LA FRANCE

MessageSujet: Sheendara...premières lignes ( extraits)   Dim 17 Juil - 23:04

Il est une légende qui dit ceci : un homme venu de Nulle
Part trouvera la Sortie, même si celle ci se trouve dans le Brouillard.




Cependant, il ne pourra pas la traverser seul. Il lui faudra être deux, peut-être trois. Et à sa suite il devra emmener
tous les Etres Pacifiques qui croiseront son chemin.




Les dieux lui enverront la Guerrière et le Guérisseur, l’Aigle et le Pisteur, le Mage et l’Astrologue, l’Archer et le
Forgeron, le Cracheur de Feu et l’Avaleur d’Eau, Le Druide et la Sorcière afin de l’aider dans sa quête.




La Légende dit ceci et Personne n’y échappera.



Il est écrit qu’Il viendra dans ce Monde juste pour le traverser d’un bout à l’autre.

Il est écrit qu'Il sauvera ce Monde à condition d’aller dans son Passé.

Il est écrit que tous ceux qui le suivront de leur plein gré seront sauvés afin de recréer ce qui aurait du être
détruit.




La Légende dans la Pierre du Destin a été gravée.

Au Cercle de Mäe-Pel, elle attend cet homme pour se réaliser.



LIVRE I




La légende de la Pierre Sacrée









La végétation luxuriante et brillante de rosée semblait s’éveiller en même temps que l’homme qui gisait sur son sol, nu.

Il cligna des yeux. Son regard était aussi bleu que le ciel au-dessus de lui.

Puis il grimaça en portant la main à sa tête.



- Bon sang, maugréa-t-il en se redressant à demi, mais que s’est-il passé ?



Sa mémoire lui faisait défaut.

Rien. Il ne se rappelait de rien avant ces quelques minutes.

Il voulut se lever mais le sol sembla se dérober sous ses pieds. La tête lui tournait. Il se rassit précipitamment.

Il se sentit soudain seul au monde, comme un naufragé venant de s’échouer sur une île déserte.


que son regard se posa, il n’y avait que la forêt. Des arbres
grandioses, majestueux, avec de magnifiques feuillages roses et or,
l’entouraient.


Une espèce inconnue, lui semblait-il, malgré ses faibles connaissances en botanique.

Au bout d’un certain temps, il essaya à nouveau de se lever. Sa tête le faisait toujours souffrir mais c’était supportable.

Il voulait savoir où il se trouvait.

Il se mit en marche.

Se laissant guider par son instinct, il s’engagea dans la forêt qui semblait lui ouvrir ses futaies comme des bras amoureux.

Il
marcha aussi longtemps qu’il le pu, mais quelle que soit la direction
qu’il prenait, seuls des arbres et de grandes fougères violettes
semblaient exister dans cet endroit.


Il commença à s’inquiéter.

Il avait froid et pourtant son corps nu était ruisselant de sueur. Il avait faim et ne voyait rien de comestible autour de lui.

Il ne savait pas où il était, ni qui il était. Sa mémoire était une page blanche.

Soudain,
un bruit discret se fit entendre derrière lui. Il sursauta et son pied
se prit dans une racine. Il sombra dans le néant après que
sa tête eut touché le sol.




Jour 1

Carnet de bord du Professeur
Q.




X00032 est arrivé à destination.

Le transfert de notre monde vers SHEENDARA s’est réalisé sans aucun problème.

Enfin ! Nous y sommes arrivés !

Il aura fallu 31 échecs pour aboutir à cette Victoire !



NB : Afin que mes notes soient plus claires pour tous ceux qui n'appartiennent pas au Consortium, je tiens à faire quelques
précisions.


Une
porte sur ce monde inexploré s’est ouverte il y a plusieurs décennies.
Le Professeur Matthews est celui qui peut se prévaloir de la
découverte de la Pierre qui marque l’entrée de ce monde parallèle.
De tous les caractères gravés sur ce monolithe, un seul a pu être
décrypté : SHEENDARA et nous pensons que c’est le
nom de ce monde nouveau.




Revenons à X00032.

Les Capteurs ont réussi à le suivre dans le Passage.

Pour
la première fois aucun instrument de repérage n’a été abîmé. Nous avons
bien fait de renforcer leurs protections
électromagnétiques ! Ces nano machines, quasiment invisibles à l’œil
nu, sont de merveilleuses caméras volantes qui peuvent suivre un sujet
durant une centaine de jours selon leur
programmation. Elles perçoivent et transmettre les fréquences
cardiaques. Il faut savoir que chaque personne envoyée sur Sheendara a
subi une batterie de test médicaux et nous avons enregistré
toutes ces informations. Les Capteurs se servent de ces données pour
reconnaître la personne qu’ils surveillent.




X00032 semble reprendre conscience doucement.

Ses signes vitaux sont excellents.



X00032 a été choisi parmi 47 prisonniers, tous condamnés à la peine capitale.

Il mesure 1.90 m et pèse 98 kg.

C’est un ancien combattant de l’ELYPSE, entraîné aux arts martiaux ancestraux.

Il est réputé pour avoir un mental d’acier.

Il a été condamné pour rébellion à l’ELYPSE lors de la Crise de 71.



Les
questions qui se posent sont les suivantes : arrivera-t-il à
survivre dans ce monde
inconnu et inexploré ? Saura-t-il affronter tous les dangers
présents et à venir ? Aura-t-il conservé toutes ses facultés, tant
mentales que physiques, suite au
Transfert ?




Il ne pourra compter que sur lui-même.



Aucun de nous n’est habilité à l’aider.

Le
Consortium Scientifique que je préside, est composé de 5 savants. Il a
pour mission d’observer la possibilité de survie d’un humain en terrain
hostile et inconnu.




Les Capteurs le situent au milieu d’une végétation dense et ne décèlent aucune vie humaine à proximité.



X00032 se déplace.

Toujours aucun signe de vie dans les parages.



Seules quelques interférences font clignoter nos radars.

Sûrement les résidus du champ électromagnétiques du Passage.






CHAPITRE II





Encore un !



Autour
du corps allongé de l’homme nu, la forêt semblait danser. Mais ce
n’était pas des arbres : de longues formes brunes s’agitaient
autour de lui, le frôlant de leurs branchages afin de tenter de le
réveiller.




Il est presque semblable à l’Autre !



L’homme ouvrit les yeux… et les referma aussitôt, surpris par l’apparence des Etres qui l’entouraient.



Ne Craint rien !



Quelle était cette voix qui résonnait dans sa tête ?

Craintif
mais curieux, l’homme ouvrit doucement ses paupières. L’azur de son
regard accrocha l’ébène de celui de la Créature la plus
proche.


Constatant que ces Etres n’avaient pas l’air hostile, il se redressa doucement sur son séant et les détailla avec plus d’aplomb.



C’était
des femmes…enfin, ces Créatures avaient l’apparence de grandes femmes
avec leur très haute stature ( elles étaient beaucoup plus
grandes que lui ) et leur corps mince et élancé.


Tout
comme les humains, elles possédaient deux jambes et deux bras, et leur
visage était fin. Elles avaient toutes de grands yeux noirs qui
s’étiraient en amande vers leur front qu’elles avaient haut et
dégagé. Leur peau ressemblait à de l’écorce.


Il
étendit la main afin de frôler le bras de l’une d’entre Elles, mais
celle-ci se déroba. Peut-être avait-elle aussi peur que lui en
cet instant ?


Elles avaient toutes comme une longue chevelure faite de feuilles multicolores.

Soudain,
quelque chose bougea le long du torse de l’une des Créatures. L’homme
se raidit d’appréhension quand il vit une sorte de longue
liane , naissant à la base du cou, qui ondulait autour de chaque
créature.




Quel est ton nom ?



Encore cette voix dans sa tête. L’homme regarda tour à tour les Créatures. Elles essayaient de communiquer avec lui.

Il voulut leur répondre mais sa mémoire lui fit défaut. Comment s’appelait-il ?



-
Je ne sais plus, avoua-t-il dans un souffle…je ne me rappelle plus. Je
ne sais pas
qui je suis, ni comment je suis arrivé ici. Je me suis juste
réveillé au milieu de nulle part, dans un endroit que je ne reconnais
pas…




L’homme
s’interrompit. Il parlait tout seul à voix haute devant des Créatures
qui le regardaient comme une découverte extraordinaire. Il
devenait fou. Elles ne pouvaient pas le comprendre. Et cette voix
qu’il entendait dans sa tête, était-ce tout simplement son imagination
qui lui jouait des tours ?




Nous
t’appellerons Kelm, dit la voix dans sa tête. Cela veut dire «
Inconnu » dans le langage de notre Peuple, Les
Femmes-Lianes. Et non, tu n’es pas fou. Je comprends ton langage
mais je n’ai pas de cordes vocales pour te répondre. Alors j’utilise la
Pensée.




La
Créature qui lui parlait ainsi s’était installée dans son champ de
vision et son regard noir plongeait dans le sien comme si elle
voulait lui communiquer ce qu’elle ressentait.




- Va pour Kelm, maugréa l’homme, de toute façon, je ne me rappelle rien. Alors un nom en vaut un autre.
Et vous, quel est votre nom, ajouta-t-il en fixant la Créature.




Kaya,
répondit-elle, je suis la Sita, c’est à dire, celle qui dirige le Clan
des Femmes-Lianes. Je suis la seule à pouvoir communiquer avec
toi car mes sœurs ne possèdent pas le langage humain.




Kelm se mit debout.

Il dut cependant lever la tête afin de regarder Kaya dans les yeux.



- Mais vous…vous connaissez ma langue…



Il crut voir un sourire se dessiner sur le visage sans bouche ni lèvres de la Femme-Liane.



Oui,
répondit-elle, Tu n’es pas le premier à surgir sur notre territoire.
Certains de tes semblables sont restés assez longtemps parmi nous
pour que j’arrive à assimiler votre façon de communiquer.




Les
Femmes-Lianes se rapprochèrent de Kelm jusqu’à former un groupe très
compact autour de lui. Puis Elles se mirent en mouvement. Kelm
avait l’impression de voler dans les airs car ses pieds touchaient à
peine le sol.


Son regard croisa celui de Kaya.



Ne
t’inquiète pas, Kelm, lui susurra-t-elle, nous t’emmenons au creux de
notre univers afin que tu puisses te reposer et te nourrir.




Elle
avait enroulé sa liane dorsale autour de lui et ses compagnes avaient
enchevêtré les leurs afin de le maintenir en l’air avec elles
alors qu’elles planaient de branches en branches à la seule force de
leur cinquième membre.


Kelm se laissa porter par le doux balancement du groupe et plongea dans une semi-inconscience bienfaisante.



Trop de choses s’étaient passées en si peu de temps et trop de questions hantaient son esprit, martelant à coup de « pourquoi »
et de « comment » sa pauvre mémoire qui refusait de lui répondre.




Le
temps de ce voyage, il voulait oublier qu’il ne savait plus rien de
lui-même ni de ce qui lui était arrivé pour qu’il se retrouve dans
cette situation.




.........................................



Il
se réveilla en sursaut. Quel horrible cauchemar ! Il avait rêvé qu’il
s’était perdu dans une immense forêt, une forêt qui semblait
l’aspirer tout entier, comme un estomac digérant un aliment.


Il frissonna malgré lui en se redressant sur son lit de feuilles.



- Où suis-je, se demanda-t-il.



Et
soudain, la réalité refit surface. Son cauchemar était en train de
prendre vie autour de lui. Il se trouvait dans une immense clairière
et une sombre créature végétale le regardait de ses yeux d’ébène
profond.




- Kaya, murmura-t-il.



Non,
il n’avait pas rêvé. Il était bel et bien perdu au milieu d’une forêt
sans fin et les Etres qui l’avaient recueilli n’avaient rien
d’humain.




Mange ces fruits, résonna la voix de la Végétale dans sa tête, ils sont comestibles pour ceux de ta race.



Elle
tenait dans ses mains aux longs doigts fins de curieux fruits violacés
et boursouflés aussi gros qu’une noix de coco. Il mordit
délicatement le fruit et des saveurs sucrées et pétillantes vinrent
ravir ses papilles en caressant sa langue avant de rafraîchir sa gorge
sèche.




- Hum, c’est bon, crut-il bon de préciser. Merci Kaya.



La Femme-Liane hocha la tête sans un mot en mouvant gracieusement sa tête oblongue à la chevelure feuillue.



- Où sont passées les Autres, s’enquit-il, inquiet de se voir seul avec la Créature.



Elles se régénèrent dans le Ventre de nos Pères.



Ce
fut la seule réponse évasive qu’il reçut. Prenant un autre fruit, Kelm
le tendit vers Kaya qui le refusa d’un gracieux mouvement de la
tête.





Nous ne survivons pas de la même manière, Kelm…





- Toutes mes excuses, Kaya, bafouilla-t-il.



Il avait oublié que ces créatures ne possédaient pas de bouche ! Cela se voyait pourtant comme le nez au milieu de la
figure !




- Idiot que je suis, maugréa-t-il. D’ailleurs, elles n’ont pas de nez non plus…ajouta-t-il en scrutant
le visage amical de Kaya.




Oui, nous sommes différentes, lui répondit-elle comme si elle avait lu dans ses pensées. Nous sommes les Végétales ou
Femmes-Lianes
. Nous naissons des Arbres Porteurs, nos
Pères, afin de protéger la Forêt et nos semblables ( il y a quantité
d’êtres végétales qui vivent dans cette forêt, de toutes les
tailles, de toutes les couleurs et de tous les caractères ! ) . Nous
ne mangeons pas, nous ne buvons pas mais nous devons aller nous
régénérer au creux de nos Pères quand nous en ressentons
le besoin. C’est pourquoi nous ne pouvons nous éloigner de cet
endroit. Il nous est vital.




- Mais vous connaissez les humains.



C’était plus une affirmation qu’une question.



Oui,
c’est vrai. Il y a longtemps, un autre être humain a vécu parmi nous.
Nous l’avons trouvé, comme toi, inconscient sur nos Terres.
Lui non plus ne savait pas d’où il venait.




- Et l’autre être humain, il était vraiment comme moi ?



Pas vraiment. Il avait des différences sur son corps que tu n’as pas.



- C’était une femme ?



Une Femme ? Kaya ne comprenait pas. Les Végétales étaient asexuées bien qu’ayant l’apparence de femmes.



- Moi, je suis un homme, dit Kelm, ça, au moins, je m’en souviens. Et si l’autre personne était
différente, cela ne peut être qu’une femme.




Voyant que la Créature ne semblait pas intégrer l’information, il précisa :



- Il y a deux sortes d’êtres humains. Ils sont complémentaires afin de se reproduire. Car nous ne
naissons pas des arbres…du moins, si je me rappelle bien, ajouta-t-il en souriant.




Je ne comprends pas, mais cela n’a aucune importance, dit doucement Kaya. Et
l’Autre est parti il y a plusieurs saisons d’or
maintenant. Il ne voulait pas rester avec nous. Il n’y a que
Kelnyann qui a vécu au sein des Végétales. Il est notre Grand Ami.




- Kelnyann ? Encore un autre humain que vous avez trouvé ?



Kaya bougea lentement vers lui et sa voix se fit murmurante : Kelnyann, Lyséann Oryann, Belséan, Celem, Niderf, Variann, Wanfer,
Kirgou, Elleam….
énonça-t-elle en fermant les yeux comme si elle ne voulait oublier aucun nom sur sa liste.




- Mais combien en avez vous recueilli ?



Combien, qu’est ce que ce mot ? Je ne sais pas ce qu’est combien. Je peux juste te dire les noms que nous leur avons
donnés.




Kelm
se pressa les yeux du bout des doigts. Une migraine lui tapait les
tempes et ses oreilles bourdonnaient. Il était fatigué mais il
voulait comprendre. Visiblement, les Végétales ne connaissaient pas
la notion du nombre. Il s’essaya à d’autres questions.




- Et cet autre être humain, cette femme qui est partie la dernière fois, avait-elle perdu la mémoire ? Etait-elle aussi
désemparée que moi ?




C’était un puissant guerrier. C’est ainsi que nous l’avons nommé, Lyséann Oryann. Dès son réveil , il s’est montré farouche et
agressif. Il nous a menacé avec la première chose qui lui est venu sous la main, à savoir, une branche de sapineux.




Mais parlons d’autre chose, soupira Kaya, Il n’est plus de notre monde maintenant. Il a rejoint les Autres.



Kelm
soupira et entama son troisième fruit. Il aurait bien aimé en apprendre
davantage sur cette Lyséann Oryann. Qui elle était, si elle
s’en souvenait...rien qu’un peu. Et si elle avait réussi à partir,
cela lui laissait l’espoir de ne pas rester captif de la Forêt et de ses
Créatures, aussi sympathiques soient-elles.




Mais
quelle direction prendre ? Ici, tout se ressemblait. Un arbre était un
arbre. Et il n’y avait même pas de lichen sur leurs troncs
pour indiquer le Nord.




D’ailleurs, y avait-il un Nord dans ce monde bizarre ?






CHAPITRE III





-Enfin, la nuit était tombée. J’allais pouvoir fuir cet endroit maudit, cette prison où j’étais née … ou presque.



Je
suis une « sans nom ». Je ne sais pas d’où je viens, ni qui je suis. Je
sais seulement que les Maîtres m’ont trouvée devant
leur porte un beau matin. Du moins, c’est ce qu’ Ils m’ont dit. Ils
me donnèrent le numéro 333. Pour eux, je n’étais qu’une « sans nom » de
plus, une parmi tous ceux qui étaient
régulièrement abandonnés à la porte de cet asile depuis le Terrible
Grand Froid.




Mais
ce soir, la Liberté s’offrait à moi. J’avais dérobé le matin même la
petite clé de la porte arrière de la Grande Maison. J’attendais
avec impatience que la nuit tombe enfin pour me glisser dehors.


Ce
ne fut pas si facile. Tous les autres étaient couchés dans le dortoir
depuis que la Cloche du Sommeil avait retenti dans le couloir.
Mais les Maîtres veillaient toujours. Ils faisaient des rondes, deux
par deux, toutes les heures. Pourquoi ? Je ne sais. Peut être étions
nous prisonniers sans le savoir. Tous les
« sans nom » n’avaient connu que cette vie là.




J’ai
roulé en boule ma première couverture et je l’ai déposé sous la
deuxième dans l’espoir de faire illusion pour quelques temps. Je ne
voulais que quelques minutes… de précieuses minutes afin de me
faufiler hors du dortoir, longer ce couloir, introduire la petite clé
dans la serrure de la porte et fuir, fuir à pleines
jambes !!!!


J’ai
regardé passer les deux Maîtres, de noir vêtus des pieds à la tête.
Puis, plaquée au mur afin qu’aucune lumière lunaire ne vienne
éclairer ma fuite à travers les grandes verrières, j’ai réussi à
m’approcher de la porte.




Je transpirai à grosses gouttes et mon cœur battait très fort dans ma poitrine. La Liberté était à quelques mètres et pourtant
j’hésitais.


Qu’allais-je trouver derrière cette porte, moi qui, en treize années d’existence, n’avait jamais été au-delà de ces murs ?



Je repris courage. Je voulais voir le monde. Même si cela me faisait peur. Je ne voulais plus vivre enfermée.



La
clé entra dans la serrure et grinça lorsque je la fit tourner deux
fois. Je grimaçais de terreur. Que feraient les Maîtres s’ils me
surprenaient dans ma fuite ? Jamais personne n’avait tenté de sortir
de la Grande Maison. Ni de leur désobéir d’ailleurs !




La
maison était immense avec un jardin intérieur couvert d’une verrière où
croissaient légumes et fruits. Ici, la vie était simple et la
nourriture ne manquait pas. Tout était réglé, chaque activité,
chaque cours. Je ne peux pas dire que c’était l’enfer. Il fallait
seulement se plier aux règles.




La
porte s’ouvrit sans bruit. Je franchit le seuil sur la pointe des
pieds, et, refermant doucement la porte derrière moi, je me suis
élancée droit devant pendant un long moment, sans m’arrêter, sans
même regarder où j’allais.




A
bout de souffle, je m’arrêtais soudain, surprise d’avoir réussi à fuir.
Tout en essayant de retrouver une respiration normale, je
regardais autour de moi : rien…il n’y avait rien. Seul un désert
immense de cailloux était faiblement éclairé par la lune.




Il n’y avait rien…rien, sauf la Liberté ! La Liberté de respirer à plein poumon sous ce ciel pur !



Pleine
de confiance, je me suis mise à marcher d’un pas vif, droit devant moi.
Je ne savais pas où j’étais, ni vers quel endroit je me
dirigeais. Je n’avais sur moi que mon uniforme de « sans nom », un
triste ensemble gris. Je n’avais ni nourriture, ni eau et peu de chance
de m’en sortir…mais j’étais
libre !




Oryann
revint à la réalité, sentant tous les regards des clients du
Change-Express de San Miguel braqués sur elle. Elle leva son verre à la
cantonade en les saluant d’un air ironique et but l’alcool ambré
d’un trait.




« Et alors ? » entendit-elle « comment t’es-tu débrouillée pour survivre ? »



Plaquant sur son visage un sourire d’excuse, elle se leva brusquement.



- Navrée, dit-elle, vous n’en saurez pas plus… d’ailleurs, je n’ai pas encore inventé la suite de mon histoire.



Visiblement,
sa réponse déçut toute l’assistance. Ils avaient accroché à l’histoire
pensant que c’était la sienne. Ils dévisageaient cette
grande jeune femme aux membres finement musclés, à la peau de bronze
et aux cheveux roux. Tous les hommes présents étaient encore sous le
charme de sa voix légèrement rauque. Mais la dureté de
ses yeux verts les avaient tous paralysés. D’aucuns n’auraient tenté
de la séduire, surtout qu’elle portait à la hanche une longue épée
magnifiquement forgée dont elle semblait savoir se
servir.




Se drapant dans sa cape sombre, elle jeta une pièce d’or sur la table et sortit de la petite auberge.



- Faut que j’arrête de boire, maugréa-t-elle en sentant une forte migraine lui enserrer les tempes.



D’autant plus que la boisson la rendait lyrique et qu’elle avait tendance à se révéler plus qu’elle ne le voulait.



Elle
rejoignit à grand pas son compagnon de voyage. Aïkis l’attendait un peu
plus loin avec leurs montures, deux superbes simpaladas qu’il
avait monnayé à prix fort dans une ferme des environs.




Enk les attendait à Erun.

Le message laconique qu’Oryann avait reçu le matin même disait seulement « j’ai besoin de toi – vite ».



Seul
Enk était au courant de tous ses déplacements car il lui confiait
régulièrement des tâches à accomplir pour lui. Ainsi, il pouvait la
joindre en lui envoyant Messager, son oiseau-rieur qui portait des
petits parchemins.




Oryann grimpa avec souplesse sur sa monture.



10
journées complètes à dos de simpalada séparait la petite ville de San
Miguel et le village d’Erun. La route était encore longue et il
n’y avait pas de temps à perdre.












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